Je vaincrai mon cancer avant la formation du gouvernement

August 28th, 2009

La maladie n’est pas une contingence. Elle fait partie de la vie. Comme l’amour, comme la mort, faire plaisir à son gosier ou à son palais, prendre soin de son corps, sortir au soleil, profiter des splendeurs de l’environnement, ou de ce qui en reste, s’enivrer et grandir lors d’un voyage épanouissant. Un jour, il nous faut également tomber malade. Continue reading

Je ne suis pas plus con qu’un autre

Juni 7th, 2009

Un week-end d’élections: Pendant que toute l’Europe vote pour le Parlement européen, les Libanais sont appelés aux urnes pour élire leurs députés au Parlement. Un jeune auteur libanais explique pourquoi il ne va pas donner sa voix dans un pays sans paix.

(Cet article est paru dans une version plus courte, sans notes explicatives, dans le supplément “Résistance Culturelle” du journal L’Orient-Le Jour, en juin 2009)

Je sais de quoi je parle quand je parle des révolutions. Les gens qui lisent les livres vont chez les gens qui ne peuvent pas lire les livres, les pauvres, et leur disent: “Il nous faut avoir du changement”. Alors, les pauvres gens font le changement, ah? Puis ensuite, les gens qui lisent les livres, ils se mettent autour des grandes tables qui brillent, et parlent et parlent et parlent et mangent et mangent et mangent, eh? Mais qu’est-il arrivé aux pauvres gens? Ils sont morts! C’est ça votre révolution. Chhh… Alors, s’il vous plaît ne me parlez pas de révolutions! Et qu’est-ce qui se passe ensuite? La même m… recommence depuis le début! Juan Miranda alias Rod Steiger in “Il était une fois la révolution” (1971)

La Comtesse : Ma chambre, à minuit ?
Boris : Vous y seriez aussi ?

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Est-ce la vraie tranquillité? Un lac bavarois. Photo : Jad Semaan.

L’image de Woody Allen dans le rôle du soldat russe supposé combattre les Français ne me quitte pas. Il regarde les généraux puis il regarde les soldats et ne voit que des brebis qui vont s’affronter. Love and Death. C’était en 1975. Ni la mer ni mon amour pour Amari n’ont changé depuis, et comme la terre est ronde, nous nous reverrons. De puissants quatre-quatre sans plaque d’immatriculation m’éblouissent les yeux avec leur appel de phares. Les vitres sont noires. Elles cachent une grosse légume. Huit mars, quatorze mars, sayyane. Boris ne voit pas d’utilité à combattre les Français. Il aime les gâteaux Paris-Brest et le goût de la madeleine. Il est pitoyable à voir au front. Continue reading

Les barbares de Beyrouth

Oktober 9th, 2008

Nous sommes des barbares – tu veux des exemples? A Beyrouth tu t’arrêtes au feu rouge seulement si tu veux (c’est démocratique) ou si c’est un feu où il serait très dangereux de ne pas s’arrêter ou s’il y a un policier qui se tient au feu, “Traffic in Lebanon is banana” comme disait l’un de mes amis canadiens. C’est la jungle pour conduire, il faut s’imposer, être macho, nous conduisons à l’instinct, das Motto ist “advienne que pourra” (arrivera ce qui arrivera), nous ne respectons pas la signalétique ni le code de la route, sauf s’il y a un vrai danger de se faire arrêter par un policier ou de se voir une contravention collée au pare-brise, mais là encore le risque est minime. La première vertu du Libanais est qu’il est “débrouillard” qu’il sait “tricher avec finesse”, nous sommes tous des Arsène Lupin, des gentlmen cambrioleurs, no wonder si notre pays est un foutoir. Remarque: des pays arabes je ne connais heureusement que deux, la Syrie et la Jordanie, et je peux te dire qu’à Amman ou à Damas la conduite sur la route est mieux organisée, certainement parce que la peur de la punition des forces de l’ordre est bien plus présente. Remarque bis: nous ne posons pas la question Vorname Nachname systématiquement, mais c’est quelquechose qui arrive, et je crois que c’est limité au Liban de vouloir savoir si la personne est chrétienne (quelle communauté chrétienne) ou musulmane (chiite, sunnite ou autre) ou druze, c’est quelquechose qui est relatif à l’histoire de notre pays (une fédération ratée de communautés religieuses opprimées en Orient qui se sont réfugiées dans la Montagne = le Liban).

Un chauffeur de taxi à Beyrouth will try to charge you more si tu es étrangère et de te séduire parce que t’es une belle étrangère, il n’y a pas de taximètre chez nous, ça c’est important à savoir. Le plus important est que c’est le taxi qui t’appelle à Beyrouth c’est pas toi qui appelle le taxi. Si tu te promènes à Beyrouth, tous les dix mètres, il y a un taxi-service (le taxi-service c’est souvent une vieille Mercedes, les Libanais adorent les voitures allemandes, le Liban est un musée de Mercedes et de BMW, nouvelles et anciennes, maintenant il y a aussi beaucoup de Audi, la voiture allemande, surtout les Mercedes et les BMW, sont les préférées des Libanais, la Audi c’est la classe totale), bref, le taxi-service il emporte cinq personnes à bord qui vont vers la même destination dans Beyrouth, pour 2000 livres libanaises (un euro), il y en un qui va donc forcément klaxonner tous les cent mètres sur ton chemin pour te demander “où tu vas?”) qui va klaxonner ou te faire un geste de la main pour te demander ta destination. Nous nous exprimons beaucoup avec les gestes, cela est valable même pour la conduite, tu laisses un bras pendre par la vitre and you wave and that means you will turn in that direction même si le clignotant de ta voiture fonctionne bien. Les hommes se font la bise ce qui n’est pas très européen (cela est valable pour d’autres pays arabes), cela fait partie de notre comportement chaleureux vis-à-vis des gens et c’est de la virilité théâtrale. L’homme libanais, il y a de très beaux hommes au Liban, c’est la Méditerranée et puis la moitié de notre population est émigrée, alors il y a pas mal de métissage, et puis all different invaders once invaded us, we were screwed by all sort of different populations (almost), alors il y a une variety, (tu vois comme on parle, un peu d’Anglais, un peu de Français, de l’Italien s’il en faut). L’homme libanais donc a tendance à croire que les femmes n’attendent que lui, macho puissant, BMW, gominé, bien habillé, cigarette ou cigare au bec. Ce que je te raconte a quelque part un aspect stéréotypes, mais il y a une grande part de vérité, J’aurais aimé t’en dire davantage mais il faut que je travaille. Jad Semaan